Équipe de France : pourquoi Vincent Collet n’a jamais voulu Joel Embiid chez les Bleus

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par Eddy Fiabore

Depuis la fin des JO de Paris 2024, le nom de Joel Embiid revient comme un boomerang dans les débats sur l’avenir de l’équipe de France. Alors qu’on croyait le chapitre refermé suite à sa décision d’opter pour Team USA, Vincent Collet, ex-sélectionneur des Bleus, vient de lâcher une déclaration qui fait l’effet d’une bombe : il n’a jamais souhaité la présence du MVP NBA chez les Tricolores.

Collet et Embiid : une incompatibilité de fond

C’est dans un entretien accordé à BasketNews que Vincent Collet a dévoilé cette position inattendue. « J’étais content qu’il ne vienne pas », a-t-il lâché sobrement, tout en précisant qu’il « n’avait aucun pouvoir pour s’y opposer ». Une phrase lourde de sens, qui contraste avec les efforts diplomatiques et politiques déployés au plus haut niveau pour naturaliser Embiid, y compris une lettre adressée à Emmanuel Macron en personne.

La performance d’Embiid avec Team USA – ponctuée par un sacre olympique face à la France – n’a fait qu’exacerber la polémique. Hué lors de ses apparitions à Paris et à Lille, le pivot des Sixers n’a jamais vraiment conquis le public français, malgré une carte tricolore en poche. Pour Collet, cette naturalisation express a été imposée, et le timing ne s’accordait ni avec la cohésion du groupe ni avec la stratégie de jeu déjà établie.

Une pression venue « d’en haut »

L’ancien sélectionneur pointe du doigt une pression institutionnelle, évoquant notamment la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra. « Ça venait d’en haut », glisse-t-il. Une manière de dénoncer l’influence croissante du politique dans le sportif, surtout à l’approche des Jeux organisés à domicile. L’objectif assumé : assurer une médaille, quitte à bousculer l’équilibre du collectif.

Et pour Collet, cet équilibre était déjà fragile. « Nous avions Gobert, Poirier, Fall… et Victor (Wembanyama) arrivait », liste-t-il, en soulignant à quel point l’intégration d’Embiid aurait été difficile à gérer. L’équipe manquait déjà de temps de jeu équitable pour ses grands. Ajouter une star du calibre d’Embiid aurait ravi les marketeurs, mais déstabilisé le parquet.

Un malaise plus large sur la gouvernance sportive

Au-delà de l’aspect sportif, cette sortie de Vincent Collet met en lumière une récurrence inquiétante : la marginalisation des sélectionneurs dans les décisions cruciales. Si Embiid avait porté le maillot bleu, aurait-il réellement été intégré au système ? Aurait-on sacrifié certains talents pour l’accommoder ? Ces questions résonnent désormais à voix haute, alors que le basket tricolore prépare l’EuroBasket 2025 dans un contexte de transition post-Collet.

La déclaration de Collet révèle aussi un phénomène de plus en plus courant dans le sport de haut niveau : la politique de naturalisation à tout prix, parfois au détriment des dynamiques collectives. Si Embiid n’a pas chaussé les baskets pour la France, le débat qu’il suscite est loin d’être clos. À l’heure où la question de l’identité et de l’intégration dans le sport prend une place centrale, le cas Embiid restera comme un exemple emblématique – et clivant.

Et maintenant ? Quel avenir pour les Bleus ?

Avec l’EuroBasket 2025 en ligne de mire et la retraite de Collet actée, la Fédération Française de Basket (FFBB) doit désormais recréer un collectif stable et cohérent. Le forfait de Mathias Lessort, récemment annoncé, ajoute encore un caillou dans la chaussure des Bleus. Victor Wembanyama incarne l’avenir, mais le chantier est vaste : réconcilier ambitions individuelles et project sportif commun, dans une hiérarchie claire, apaisée et tournée vers la performance.

Un dossier à suivre de très près, alors que la France redéfinit son visage pour les prochaines échéances internationales.

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