À quelques jours du grand rendez-vous continental, l’équipe de France de basketball encaisse un coup dur : Vincent Poirier, pivot de l’Anadolu Efes et pilier de la raquette tricolore, ne participera pas à l’EuroBasket 2025.
Blessé au genou droit lors du match de préparation face à l’Espagne à Badalone (75-67), l’intérieur français aux 62 sélections, auteur d’une saison solide en EuroLigue, est contraint de déclarer forfait. Une décision confirmée par L’Équipe, qui souligne l’importance de son absence dans le dispositif défensif de Frédéric Fauthoux.
Une perte de taille au mauvais moment
Le timing est cruel pour les Bleus : à seulement 11 jours du coup d’envoi du tournoi (27 août), perdre un joueur du calibre de Poirier perturbe sérieusement la stratégie tricolore. Réputé pour sa densité physique, son sens du rebond et sa mobilité, Poirier représentait un équilibre essentiel au sein du cinq majeur français.
Son absence fait écho à d’autres blessures qui ont déjà affecté plusieurs sélections européennes dans cette préparation express. Mais pour la France, qui rêve de médaille après son élimination prématurée au Mondial 2023, le défi se complique sérieusement.
Frédéric Fauthoux, déjà confronté à la transition générationnelle entamée en 2024, doit désormais repenser une partie de sa rotation intérieure. Si les options de remplacement ne manquent pas – avec des profils comme Mathias Lessort ou encore Mouhamed Thiam – aucun ne possède à la fois l’expérience internationale et la complémentarité défensive de Poirier. Le staff devra aussi envisager des ajustements tactiques, notamment pour compenser les absences au rebond et dans les aides défensives.
Une raquette tricolore sous pression
L’entrée en lice face à la Belgique, le 28 août, s’annonce déjà comme un test grandeur nature pour cette équipe remaniée. Le secteur intérieur devra notamment répondre au défi physique imposé par des équipes comme la Lituanie, la Serbie ou l’Espagne, candidates déclarées au podium.
Vincent Poirier, qui a disputé l’une de ses meilleures saisons avec l’Anadolu Efes Istanbul (11,7 pts, 6,3 rbds en EuroLigue), aurait été un atout incontournable face à ce type d’adversité. Sa complicité avec les cadres de l’équipe – notamment Rudy Gobert et Nando De Colo – ajoutait une couche de cohésion aujourd’hui fragilisée.
Ce forfait met aussi en lumière un sujet sensible : la gestion du calendrier et de la charge physique des internationaux. Poirier, fortement sollicité cette saison, a vu sa douleur au genou s’aggraver sur des matchs sans véritable enjeu, et son indisponibilité corrobore les inquiétudes exprimées par plusieurs coachs européens sur la saturation du calendrier FIBA.
Quel impact pour les ambitions françaises ?
Malgré cette absence, l’équipe de France conserve un noyau solide, emmené par Victor Wembanyama, Evan Fournier et Rudy Gobert. Mais sans Poirier, l’axe défense-rebond-piqûre offensive au poste reste orphelin d’un joueur capable de faire la différence dans la peinture comme à l’écran.
Pour beaucoup d’observateurs, cette blessure est peut-être l’occasion de voir émerger un jeune talent ou de tester une configuration plus moderne, axée sur la mobilité et le small-ball. Mais face aux poids lourds européens, la dimension physique reste indispensable.
Le chemin vers le podium est toujours ouvert pour les Tricolores, mais il est désormais semé d’embûches tactiques. Frédéric Fauthoux et son staff devront improviser sans perdre de vue leur objectif : ramener une médaille d’un EuroBasket qui s’annonce ultra-compétitif.
Avec un coup d’envoi imminent, tous les regards se tournent désormais vers la liste finale du sélectionneur. Son choix de remplacement pourrait bien rebattre les cartes et redonner l’élan nécessaire à une équipe de France en quête de revanche.