EuroBasket 2025 : l’équipe de France privée de Rudy Gobert, un séisme dans la raquette

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par Eddy Fiabore

Alors que le compte à rebours vers l’EuroBasket 2025 s’accélère (27 août – 14 septembre), une onde de choc secoue l’équipe de France : Rudy Gobert, pilier de la raquette tricolore, a décidé de faire l’impasse sur la compétition. Ce forfait inattendu rebat les cartes pour Vincent Collet et redessine une ligne défensive qui vacille déjà sous le poids des incertitudes.

Gobert forfait : une absence symbolique et stratégique

À 32 ans, Rudy Gobert sort d’une saison intense avec les Minnesota Timberwolves, avec à la clé une campagne de playoffs éprouvante. S’il avait jusqu’ici toujours honoré l’appel tricolore (à l’exception notable de l’Euro 2017), le pivot a choisi, cette fois, de préserver son corps. Selon une interview accordée à L’Équipe en février dernier, Gobert notait : « Ils [les Timberwolves] seraient contents [que je ne joue pas], ils investissent beaucoup sur moi. » Un aveu de la tension entre ambitions NBA et aspirations internationales.

La planification du calendrier international n’aide pas : avec un EuroBasket qui se conclura mi-septembre, la marge de récupération serait quasi inexistante avant la reprise de la saison NBA. « Tu ne récupères pas pareil à 33 ans qu’à 23 », concédait-il. Une lucidité d’autant plus marquante qu’elle révèle la transition opérée par un joueur qui vise encore les sommets en NBA, mais dont l’engagement avec les Bleus semble se moduler.

Un vide immense dans la défense tricolore

Le forfait du triple DPOY (Meilleur Défenseur de l’année en NBA) laisse l’équipe de France face à un chantier urgent. Rudy Gobert, c’est 112 sélections, une présence dissuasive dans la raquette et une constance défensive rare. Sa capacité à verrouiller l’accès au cercle, à gérer les écrans et à dominer le rebond faisait de lui une pièce maîtresse. Sans lui, Vincent Collet doit recomposer un axe intérieur décimé.

Victor Wembanyama, l’autre atout majeur des Bleus, reste une incertitude. Touché par une thrombose en début d’année, le prodige des Spurs suit une reprise encadrée et son statut pour l’été reste flou. Autre blessé notable : Mathias Lessort, solide intérieur du Panathinaïkos, revient d’une blessure à la jambe et son état physique conditionnera sa participation.

Cette fragilisation de l’axe central pourrait forcer Collet à revoir en profondeur ses choix : quid de la jeune garde (Yvan Février, Alexandre Sarr) ? Ou d’un rappel d’éléments plus expérimentés comme Vincent Poirier ? Quelle identité défensive sans Gobert ? Les réponses devront arriver vite car le chantier est colossal.

Une dynamique collective à réinventer

Outre l’impact technique, l’absence de Gobert aura aussi une portée psychologique. Son expérience des grands rendez-vous et son leadership discret mais constant étaient des éléments stabilisateurs pour une équipe qui reste sur une Coupe du Monde 2023 ratée. Un nouvel échec à l’Euro pourrait fissurer davantage la structure actuelle des Bleus alors que Paris 2024 se profile à l’horizon.

Ce forfait, même s’il peut se justifier sportivement, pose donc une question brutale : l’équipe de France a-t-elle entamé un nouveau cycle sans même s’en rendre compte ? Avec les jeunes espoirs qui montent et certains cadres qui lèvent le pied, une transition générationnelle s’impose peu à peu. Gobert, en quittant (momentanément ?) le navire, symbolise cette mutation silencieuse mais inévitable.

Reste au staff à trouver les bons ajustements. Car si les absents ont toujours tort, leur impact, lui, se lit très clairement dans les ambitions françaises pour cette nouvelle campagne européenne.

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