Une page de l’histoire de la NBA s’est tournée cette nuit. LeBron James, figure emblématique de la ligue depuis plus de deux décennies, a vu sa légendaire série de 1 297 matchs consécutifs à 10 points ou plus s’interrompre lors de la victoire des Los Angeles Lakers face aux Toronto Raptors (123-120). Ce n’est pas seulement un record qui prend fin, mais un symbole de régularité et de domination qui s’efface.
LeBron James : la fin d’une série mais pas d’un impact
Le chiffre donne le vertige : 1 297 rencontres de saison régulière d’affilée durant lesquelles LeBron James a inscrit au moins 10 points. Depuis le 5 janvier 2007, contre les Milwaukee Bucks, cette hallucinante continuité n’avait jamais flanché. Dix-neuf saisons d’excellence, dans un championnat hyper compétitif et physiquement exigeant.
Mais lors de la victoire face aux Toronto Raptors dans la nuit du 17 au 18 avril 2025, le « King » a vu ce marathon s’interrompre. James a été limité à seulement 9 points, malgré une prestation globalement propre (4/6 au tir, 6 passes décisives), préférant jouer le rôle de facilitateur dans un match serré. Selon les données confirmées par les statistiques officielles de la NBA, il ne s’agit pas d’un accident d’adresse, mais bien d’un choix tactique : les Lakers étaient privés de Luka Dončić (repos) et James a assumé un rôle de leader altruiste.
Ce type de performance traduit une évolution naturelle de son jeu. À 40 ans, LeBron continue d’adapter son style, conciliant efficacité et transmission. Il entre dans une nouvelle phase de sa carrière, moins centrée sur les chiffres personnels, davantage sur l’élévation de son équipe.
Rui Hachimura et Austin Reaves en pleine lumière
Cette nuit historique pour LeBron l’a été aussi pour Austin Reaves. L’arrière a signé une performance d’anthologie : 44 points, 5 rebonds, 10 passes, et une série de tirs spectaculaires. Reaves confirme qu’il n’est plus seulement une révélation, mais bien une star en devenir. Il s’affiche désormais comme l’un des meilleurs scoreurs en 2025, avec une régularité qui impressionne.
Mais l’action décisive revient à Rui Hachimura. Dans un final irrespirable, le Japonais a planté un tir primé au buzzer, offrant la victoire aux Lakers. Un geste technique d’une précision chirurgicale, qui souligne la montée en puissance d’un joueur souvent dans l’ombre, mais ô combien précieux.
À travers ce collectif soudé, on perçoit une dynamique prometteuse au sein de la franchise californienne. Les Lakers, souvent critiqués pour leur dépendance à LeBron James, ont démontré qu’ils pouvaient gagner sans une performance offensive de leur icône.
Un impact fort dans l’histoire de la NBA
La fin de cette série mythique ne diminue en rien la stature de LeBron James. Aucun joueur, dans l’histoire de la NBA, ne s’est approché d’une telle constance au scoring. Pour comparaison, Michael Jordan s’était arrêté à 866 matchs, Karl Malone à 575.
Ce record, qui durait depuis 18 ans, témoigne d’une longévité hors normes. À une époque marquée par les blessures fréquentes, le load management et la vitesse du jeu, maintenir une telle productivité est un exploit inégalé.
LeBron l’a dit à plusieurs reprises ces dernières saisons : « je n’ai plus rien à prouver, je cherche à transmettre, à bâtir ». Et la rencontre contre les Raptors confirme cela. Il devient davantage mentor que machine à scorer, mais garde un contrôle total sur l’issue des matchs.
Et maintenant ?
Cette nuit à Toronto restera comme un tournant symbolique. Mais elle ouvre possiblement un nouveau chapitre dans la carrière de LeBron James : celui d’un stratège au service d’une équipe en pleine transformation.
Avec Dončić en soutien, Reaves en ascension et une profondeur de banc qui s’affirme (Hachimura, Vincent, Prince), les Lakers évoluent dans le bon sens.
La série est morte, vive l’impact. King James reste au cœur du jeu. Plus discret peut-être, mais toujours essentiel.