Frank Ntilikina sévèrement critiqué par Phil Jackson : retour sur un échec NBA retentissant

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par Eddy Fiabore

L’aventure NBA de Frank Ntilikina n’a jamais véritablement décollé. Drafté en 8e position en 2017 par les New York Knicks, un record pour un joueur français à l’époque, le meneur formé à Strasbourg représentait un espoir tricolore immense. Huit ans plus tard, alors qu’il tente de se relancer en Europe, il fait l’objet de critiques cinglantes… venant d’un certain Phil Jackson.

Phil Jackson tire à balles réelles : « Le jeu NBA n’était pas fait pour lui »

Une légende de la NBA qui vous dézingue sans filtre ? Frank Ntilikina vient d’en faire l’amère expérience. Phil Jackson, 11 fois champion NBA en tant que coach et ancien président des New York Knicks, n’a pas ménagé le meneur français dans son nouveau livre « Masters of the Game ». Concernant l’ex-prodige de la SIG, Jackson déclare : « Le jeu NBA n’était pas fait pour lui. Je pensais qu’il serait bon dans un système à deux arrières… Il est agile, mais il n’a jamais su shooter. »

Des propos crus, mais qui reflètent une réalité amère : en sept saisons en NBA, Ntilikina n’a jamais réussi à se stabiliser dans une rotation d’équipe. Malgré une défense reconnue, son tir extérieur est resté un chantier permanent avec un maigre 37,2% au tir et 32,4% à trois points en carrière.

Une carrière NBA en demi-teinte : entre attentes et désillusions

Promis à un bel avenir après avoir été nommé meilleur jeune joueur de Pro A deux années de suite (2016, 2017), Frank Ntilikina débarque à New York avec toutes les attentes du monde sur les épaules. Phil Jackson, alors président des Knicks, mise sur sa défense et sa vision de jeu. Mais le contexte chaotique du Madison Square Garden et un manque cruel de confiance ne permettront jamais à Ntilikina d’exprimer son potentiel.

Après quatre saisons irrégulières chez les Knicks, il tente une relance à Dallas aux côtés de Luka Doncic, puis à Charlotte. Mais malgré quelques éclairs défensifs, il reste cantonné à un rôle de bout de banc. En 321 matchs NBA, il compile seulement 4,8 points et 2,2 passes en 17 minutes de moyenne. Un très faible rendement pour un 8e choix de Draft, surtout quand on le compare aux récents talents français explosant les standards.

Comparaison : des successeurs français qui explosent les compteurs

Depuis 2017, la France a vu éclore une nouvelle génération dorée en NBA… et elle souligne cruellement le retard pris par Ntilikina. Victor Wembanyama, drafté en première position en 2023 par les Spurs, a immédiatement imposé son style. En 2024, Zaccharie Risacher (1er) et Alexandre Sarr (2e) ont conforté cette domination tricolore sur les hautes sphères de la Draft. Même Tidjane Salaün (6e en 2024), Bilal Coulibaly (7e en 2023) et Killian Hayes (7e en 2020) affichent des statistiques plus prometteuses dans leurs premières saisons.

Là où Ntilikina représente encore une défense de haut niveau, ses carences offensives lui ont coûté cher dans une NBA où la polyvalence est reine.

Retour aux sources : un nouveau défi européen avec l’Olympiacos

Pour rebondir, Ntilikina a pris une décision forte : quitter la NBA en 2024 et revenir sur le Vieux Continent. Il signe d’abord au Partizan Belgrade, avant de rejoindre l’ambitieux Olympiacos en 2025, où il partage le parquet avec un autre ancien Knick malheureux, Evan Fournier.

Ce retour en Europe pourrait être salvateur. L’Euroligue, plus tactique et défensive, semble mieux convenir à ses qualités. Dans un système structuré, son sens du placement, son QI basket élevé et son engagement défensif pourraient tout à fait rayonner. Le meneur de 27 ans a encore des choses à prouver.

Un échec NBA… mais pas une fin

Phil Jackson a beau avoir porté un jugement sévère – et peut-être justifié – sur l’échec de Ntilikina en NBA, il faut remettre cette carrière dans son contexte. Le joueur possède encore du potentiel inexploité. Sa transition vers une culture basket européenne qu’il connaît bien offre une deuxième vie à sa trajectoire. S’il ne deviendra peut-être jamais un All-Star, il reste un atout précieux dans un effectif de haut niveau.

Sur le plan collectif, l’objectif est clair : guider l’Olympiacos jusqu’au titre en Euroligue. Pour Ntilikina, ce serait un superbe chapitre à écrire… et peut-être, un moyen de faire mentir ceux qui l’ont enterré trop tôt.

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