Euroligue : Fenerbahçe douché les rêves de sacre historique de Monaco

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par Eddy Fiabore

La Roca Team n’était qu’à quarante minutes de l’histoire. Mais en finale de l’Euroligue 2024 à Abou Dabi, le Fenerbahçe a brisé l’élan monégasque (70-81), et laissé Monaco à la porte d’un sacre historique. Dominants en début de match mais submergés par la vague turque, les hommes de Sasa Obradovic repartent avec la frustration d’une opportunité manquée.

Un départ tonitruant… puis la désillusion

Monaco a débuté la finale avec l’énergie et la concentration des grands soirs. Dès les premières minutes, la Roca Team impose son rythme et creuse l’écart : +9 à deux reprises (13-4, 5e minute puis 32-23, 17e). La défense se montre solide, les rotations efficaces, et l’espoir d’un sacre européen, qui serait le premier d’un club français depuis le CSP Limoges en 1993, semble à portée de main.

Mais le Fenerbahçe, tout en rigueur et en expérience, va grignoter cette avance, minute après minute. Portée par son intensité défensive et sa gestion du tempo, l’équipe turque affiche une lucidité implacable. À la pause, l’écart est déjà réduit, et le scénario bascule. Monaco ne retrouvera jamais sa domination initiale, subissant un troisième quart catastrophique (12-23) qui scelle en grande partie son destin.

Mike James, un leader sous l’eau

Si le score final n’est pas hors d’atteinte, les indicateurs collectifs et individuels, eux, sont éloquents. Mike James, capitaine de route de cette Roca Team ambitieuse, incarne frustrante impuissance. Certes, la star américaine inscrit 17 points, mais à quel prix : 6/19 aux tirs (dont un 4/12 à deux points) et de nombreuses possessions stériles face à la pression turque.

Le playmaker n’a jamais su trouver le bon rythme, ni servir assez ses coéquipiers. Face à la densité physique du Fenerbahçe, James a souvent opté pour des tirs difficiles ou précipités. Dans une finale où chaque possession pèse lourd, Monaco avait besoin de plus de maîtrise. Mais au lieu d’un James dominateur, le public d’Abou Dabi a découvert un joueur frustré, souvent seul face à une défense collégiale.

Marko Guduric, le bourreau dans le money time

Dans ce duel de crescendo, Marko Guduric a assumé les responsabilités décisives. Auteur de 12 points, dont un tir primé à une minute de la fin (64-74), l’arrière serbe a offert l’estocade finale. Son shoot a scellé le sort de la rencontre, déclenchant la célébration turque et, dans le même temps, les regrets monégasques.

Fenerbahçe remporte ainsi son deuxième titre en Euroligue après celui de 2017. Une victoire qui souligne la renaissance du club d’Istanbul sur la scène européenne, après plusieurs saisons de transition.

Monaco, quant à lui, peut nourrir des regrets mais aussi de l’ambition. Première équipe française à atteindre cette finale depuis plus de trente ans, la Roca Team inscrit son nom dans l’histoire. Pourtant, l’écart entre le rêve et sa concrétisation reste tangible. Le souvenir de Limoges 1993 reste intact : le CSP demeure, une saison encore, le seul club tricolore titré au sommet du basket européen.

Quel avenir pour Monaco en Europe ?

Cette finale perdue pourrait-elle être le début d’un long cycle pour l’AS Monaco ? L’histoire joue parfois des tours cruels mais révèle des trajectoires. Avec un effectif solide, une base financière stable et une ambition affichée par la direction, Monaco a toutes les ressources pour prétendre revenir rapidement au sommet.

Mais la défaite face à Fenerbahçe rappelle l’importance de chaque détail, de chaque choix tactique et de la constance dans l’élite européenne. En Euroligue, les titres ne se donnent jamais : ils se méritent dans la douleur, l’expérience et la résilience. La Roca Team, échaudée mais grandie, en est consciente.

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